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Communiqué de la fédération nationale de la Libre pensée

Face au communautarisme, pour la séparation des Eglises et de l’Etat,

Première victoire en Ontario

La Fédération nationale française de la Libre Pensée, fermement attachée aux droits démocratiques, et en premier chef à la pleine liberté de conscience, porte à la connaissance de l’opinion publique républicaine et laique :
M.Dalton Mc Guinty, Premier ministre de la province canadienne de l’Ontario, a déclaré dimanche 11 septembre 2005 : «J'en suis venu à la conclusion que le débat a assez duré. Il n'y aura pas de charia en Ontario».
Le gouvernement ontarien a promis de modifier la législation provinciale «aussitôt que possible». M.Dalton McGuinty a tranché : «Il n'y aura pas d'arbitrage religieux en Ontario. Il y aura une loi pour tous les Ontariens.»
Importante information commentée ainsi par le quotidien Le Monde dans son édition en ligne du 12 septembre 2005 : «En conséquence, le premier ministre, Dalton McGuinty, a en même temps annoncé son intention de déposer un projet de loi visant à interdire tous les tribunaux d'arbitrage religieux. Ainsi, les chrétiens et les juifs perdraient un droit dont ils disposaient depuis une quinzaine d'années ».
La Fédération nationale française de la Libre Pensée rappelle, qu’informée dès 2004 par les organisations laiques amies de l’état canadien, Humanist Association of Canada et Mouvement laique Québécois, elle a vigoureusement condamné la prétention communautariste d’imposer, au nom du « multiculturalisme», la présence de tribunaux religieux particuliers ayant force de loi.
La Fédération nationale française de la Libre Pensée s’est adressée publiquement, le 25 juillet 2005, tant au Premier Ministre du Canada, M. Paul Martin et aux autorités fédérales qu’au Premier Ministre de l’Ontario, M. Dalton Mc Guinty et aux autorités provinciales par une « Lettre ouverte » qu’elle a massivement fait connaître.
La Fédération nationale française de la Libre Pensée s’est félicitée des réponses écrites apportées à sa légitime requête par les premiers ministres Paul Martin et Dalton Mc Guinty.
La Fédération nationale française de la Libre Pensée, refusant toutes les ingérences dans la vie publique de toutes les religions, au Canada comme ailleurs, s’honore ne jamais avoir cédé aux sirènes liberticides du droit à la différence : « Légitimer des tribunaux religieux, et aujourd’hui des Instituts Islamiques de Justice Civile, c’est, au nom du «multiculturalisme» et du soi disant «droit à la différence», ériger en principe la différence des droits. »
La Fédération nationale française de la Libre Pensée, refusant de « faire le tri » entre les religions, a opportunément rappelé ces propos du porte-parole du Parquet général de l'Ontario, M.Brendan Crawley : "la loi de médiation de l'Ontario de 1991 autorise l'introduction d'un arbitrage basé sur des principes religieux, comme c'est le cas pour les rabbins dans les communautés juives et pour les prêtres dans les communautés chrétiennes, qui participent à la résolution de contentieux civils"..
La Fédération nationale française de la Libre Pensée, avec les associations laïques et humanistes du Canada, a instamment demandé que « la loi soit la même pour tous, indépendamment du sexe, de la religion ou origine ethnique, l’abolition de l’arbitrage par des tribunaux religieux en Ontario lors de conflits familiaux »
Seule dans ce pays, la Fédération nationale française de la Libre Pensée a conclu à l’impérieuse nécessité de «l’abrogation de la loi ontarienne de 1991 et le retrait du rapport de décembre 2004 de l’ancienne procureur générale Marion Boyd.»
Fidèle à toute son histoire, sur le terrain séculaire de combat pour l’absolue liberté de conscience par la stricte séparation des Eglises et de l’Etat et sous sa propre banderole, la Fédération nationale française de la Libre Pensée a appelé se rassembler, le 8 septembre 2005, devant l’ambassade du Canada à Paris.
La Fédération nationale française de la Libre Pensée salue aujourd’hui le courage des démocrates et des laïques du Canada qui viennent d’arracher cette victoire.
Elle fait sienne la déclaration de l'écrivain canadien Margaret Atwood :«Les politiciens d'aujourd'hui comprennent sûrement que la séparation de l'Eglise et de l'Etat constitue le terrain fertile sur lequel prospèrent les démocraties modernes.»

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