12.6.18

Causerie de la Libre Pensée aveyronnaise

La question de la laïcité n’a jamais été aussi présente dans le débat public ; certains tentent d'instrumentaliser la loi de 1905 de séparation des Eglises et de l’Etat pour l’amoindrir ou la réécrire. Au coeur de l’histoire de cette loi se trouve la Libre Pensée, l’une des plus anciennes associations françaises, aujourd’hui souvent méconnue.

C’est pour connaître ses fondements, son rôle, les grandes figures politique qui l’ont animée , que la Libre pensée de l’Aveyron organise une causerie « Libre pensée, pourquoi ? Comment ». Les libres penseurs aveyronnais détailleront l’histoire de l’association,  son engagement actuel en faveur de la laïcité en France mais aussi dans le monde  où la laïcité à la française intéresse, et répondront aux questions.


La causerie aura lieu samedi 16 juin 2018 à 18h30 au restaurant « Le Flambadou » à Naucelle-Gare. L’entrée est gratuite dans la limite des places disponibles. Possibilité de se restaurer sur place après la causerie en réservant directement auprès du restaurant au 05 65 72 09 20.

Vous pouvez contacter la Libre pensée de l’Aveyron par courriel (librepensee12@free.fr) et nous retrouver sur notre site (librepensee12.free.fr) ou sur les réseaux sociaux Twitter et Facebook

3.3.18

Révision des lois sur la bioéthique : La position de la La Libre Pensée



A sa demande, la Fédération nationale de la Libre Pensée a été auditionnée par le CCNE à son siège, le mercredi 28 février 2018. La délégation de la Libre Pensée était composée par Jean-Sébastien Pierre, Président, Dominique Goussot, responsable de la commission « Droit et Laïcité » et Claude Burlet, ancien Président d’université et membre de la Commission « Sciences »  de la Libre Pensée.
Les membres du CCNE qui ont auditionné, avec attention la Libre Pensée, étaient notamment : Bertrand Weill (Doyen honoraire Professeur émérite de la Faculté de Médecine de Créteil), Laure Coulombel, (INSERM, spécialiste des cellules souches et du clonage thérapeutique), Caroline Martin (du Conseil d'Etat, juriste), Jean-François Bach (Académie des Sciences).

Les représentants de la Libre Pensée ont présenté notre association et ses positions en matière de bioéthique. La FNLP a demandé aussi à être auditionnée par le Conseil Economique, sociale et environnemental (CESE). Nous sommes dans l’attente d’une réponse.

NOTE POURLE COMITÉ NATIONAL CONSULTATIF D’ÉTHIQUE

Présentation de la Libre PenséeLa Libre Pensée est la plus vieille des organisations traditionnelles se réclamant des idéaux de la Laïcité.  Elle  a été fondée  en 1847 par la rencontre de différents courants politiques et philosophiques.
La Libre Pensée fut donc dès l’origine, un creuset dans lequel toutes les tendances de la Démocratie républicaine se retrouvaient pour agir sur des objectifs communs.
La Libre Pensée à partir de 1847 a édité un certain nombre de journaux, de revues et s’est inscrite dans le mouvement social et dans le mouvement politique pour faire triompher ses idées. Il y a eu un très grand nombre de libres penseurs qui ont pris des responsabilités extrêmement importantes dans la Commune de Paris. Celle-ci a émis un certain nombre d’idées fondamentales sur la question de la laïcité de l’Ecole et de l’Etat. La Commune de Paris, pendant les quelques semaines pendant lesquelles elle a vécu, avait décidé, pour la deuxième fois dans l’histoire de notre pays, de décréter la Séparation de l’Eglise et de l’Etat.
Ensuite, les libres penseurs ont agi, dans le cadre de la majorité républicaine, qui a conquis le pouvoir au début des années 1880, 10 ans après la proclamation de la IIIème République. Tout le monde a ses grands hommes, nous avons aussi les nôtres et il est important de voir que les lois laïques scolaires de notre pays ont été pensées, élaborées et votées par des libres penseurs. Le directeur de cabinet de Jules Ferry ; celui qui va mettre en œuvre les lois scolaires, la loi sur la gratuité, l’obligation et la laïcité ; c’est Ferdinand Buisson qui va devenir le Président de l’Association Nationale des Libres Penseurs.
Quand, plus de vingt ans après sera votée la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat, le Président de la commission parlementaire qui présente le projet est toujours Ferdinand Buisson, et le rapporteur de cette commission est Aristide Briand qui est aussi un des responsables de cette association. C’est dire que la laïcité a été véritablement l’enfant de la Libre Pensée, qui est l’organisation-mère de la laïcité en France, et a toujours été la conscience du mouvement laïque. La Libre Pensée au début de ce siècle est un intergroupe parlementaire, le plus puissant de l’Assemblée Nationale. Elle a trois quotidiens.
C’est une organisation qui a toujours été la rencontre permanente de tous les courants de la Démocratie républicaine avec, bien sûr, des dominantes à des moments donnés du fait de l’histoire et des conditions politiques de l’époque mais qui, en règle générale, n’a jamais pratiqué ni l’exclusion, ni l’exclusive à l’intérieur de ses rangs, même s’il y a eu  parfois des tentations.
Elle inscrit son action aussi dans la défense des Sciences, du Matérialisme et du Rationalisme. Elle s’est donc toujours préoccupée de la question des sciences en médecine. Dans les 10 dernières  années, la Libre Pensée a organisé, tant en France qu’à l’étranger, un certain nombre de colloques sur la question de la bioéthique.
Elle agit aussi pour la défense juridique de la laïcité et tous les évènements juridiques récents qui ont mobilisé l’opinion publique, sont, pour la plupart, à l’initiative de la Libre Pensée. La Libre Pensée est donc pleinement fondée à intervenir dans le débat sur la révision des lois de la bioéthique. Elle unit dans son action le juridique et les sciences, elle agit aussi sur le double terrain de la défense de la laïcité et des libertés individuelles. 

Les propositions de la Libre Pensée en matière de révision des lois sur la bioéthique
Notre association considère que la loi de bioéthique doit être modifiée sur trois points : l’extension du champ de recours à la procréation médicalement assistée (PMA) et de l’utilisation des ovocytes congelés ; la légalisation de la gestation pour autrui (GPA) ; l’extension de l’utilisation des ovocytes congelés ; la réduction des contraintes pesant sur la recherche sur l’embryon et les cellules souches embryonnaires. Elle entend également faire valoir, avec d’autres associations, que le législateur doit ouvrir aux patients atteints d’une maladie incurable entraînant des souffrances insupportables, le droit de bénéficier, à leur demande, d’une aide médicale à mourir.
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Aux termes du premier alinéa de l’article L. 2141-2 du Code de la santé publique « L'assistance médicale à la procréation a pour objet de remédier à l'infertilité d'un couple ou d'éviter la transmission à l'enfant ou à un membre du couple d'une maladie d'une particulière gravité. Le caractère pathologique de l'infertilité doit être médicalement diagnostiqué. » Cette formulation n’est plus en rapport avec les comportements familiaux observés dans la société. D’une part, le modèle familial traditionnel fondé sur l’union hétérosexuelle est en crise. Le nombre des mariages diminue fortement, celui des divorces ne cesse d’augmenter. Les enfants nés hors mariage sont désormais plus nombreux que les autres. D’autre part, le législateur a légalisé le mariage entre personnes du même sexe en 2013. Enfin, la sexualité et la procréation sont désormais disjointes. La première peut être pratiquée sans conduire jamais à une naissance. Désormais, la seconde peut techniquement intervenir en l’absence de tout rapport sexuel.
Dans ces conditions, notamment pour permettre aux femmes seules et aux femmes homosexuelles d’accéder aisément à la maternité, la loi doit s’employer, non pas seulement à réparer l’infertilité diagnostiquée d’un couple hétérosexuel mais à répondre au désir d’enfant des femmes en âge de procréer.
La Fédération nationale de la Libre Pensée (FNLP) propose donc de modifier ainsi l’article L. 2141-2 du Code de la santé publique : « L'assistance médicale à la procréation a pour objet de répondre au désir d’enfant des couples et des femmes en âge de procréer n’étant pas en mesure de d’avoir des enfants, pour des raisons médicales ou sociales, ou d'éviter la transmission à l'enfant ou à un membre du couple d'une maladie d'une particulière gravité. / La femme seule ou engagée dans une vie commune durable avec une autre femme ou les membres couple hétérosexuel doivent être vivants, en âge de procréer et consentir préalablement au transfert des embryons ou à l'insémination. Font obstacle à l'insémination ou au transfert des embryons le décès d'un des membres du couple, le dépôt d'une requête en divorce ou en séparation de corps ou la cessation de la communauté de vie, ainsi que la révocation par écrit du consentement par l'homme ou la femme auprès du médecin chargé de mettre en œuvre l'assistance médicale à la procréation. »
De même, aux termes de l’article L. 2141-11 du Code de la santé publique « Toute personne dont la prise en charge médicale est susceptible d'altérer la fertilité, ou dont la fertilité risque d'être prématurément altérée, peut bénéficier du recueil et de la conservation de ses gamètes ou de ses tissus germinaux, en vue de la réalisation ultérieure, à son bénéfice, d'une assistance médicale à la procréation, ou en vue de la préservation et de la restauration de sa fertilité. » Comme pour l’accès à la procréation médicalement assistée, la conservation d’ovocytes à des fins de gestation future doit être étendue à d’autres indications que la préservation de la fertilité des femmes, quand celle-ci est susceptible d’être altérée ou lorsque les intéressées font l’objet d’un traitement médical de nature à la détériorer. Elle doit être également rendue légalement possible aux femmes souhaitant différer une maternité à un âge plus tardif où la probabilité de procréation devient très faible. L’article L. 2141-11 pourrait être ainsi modifié : « Toute personne dont la prise en charge médicale est susceptible d'altérer la fertilité, dont la fertilité risque d'être prématurément altérée ou qui souhaite différer une maternité à un âge plus tardif, peut bénéficier du recueil et de la conservation de ses gamètes ou de ses tissus germinaux, en vue de la réalisation ultérieure, à son bénéfice, d'une assistance médicale à la procréation, ou en vue de la préservation et de la restauration de sa fertilité. » L’âge limite serait fixé par décret.
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Aux termes de l’article 16-7 du Code civil, introduit par l’article 3 de la loi du 29 juillet 1994 relative au respect du corps humain, « Toute convention portant sur la procréation ou la gestation pour le compte d'autrui est nulle. » Sans revenir sur les bouleversements des comportements familiaux exposés ci-dessus, la reconnaissance en faveur des personnes de même sexe du droit de se marier induit nécessairement l’obligation pour le législateur de modifier la loi. A défaut, les couples homosexuels masculins mariés se trouvent dans une situation différente des couples hétérosexuels : leur union ne peut déboucher sur l’entrée d’un enfant dans le cadre familial alors que cette technique singulière de PMA est disponible. D’ailleurs, il en va de même pour ceux qui ne sont pas mariés. Au surplus, parmi les couples homosexuels masculins se manifeste une inégalité entre ceux qui sont économiquement en état de recourir légalement à la gestation pour autrui (GPA) à l’étranger et ceux qui ne le sont pas.
En janvier 2008, le Sénat a procédé à un examen de la GPA à l’étranger d’où il ressort qu’elle est légalement pratiquée aux Etats-Unis, autorisée en Belgique et aux Pays-Bas moyennant la nécessité de demander l’adoption de l’enfant et reconnue au Royaume-Uni dans des conditions qui méritent d’être regardées attentivement : « La loi de 1985 relative à la maternité de substitution autorise la gestation pour autrui, mais de façon indirecte. En effet, elle dispose que les conventions de gestation pour autrui ne sont pas exécutoires. Par ailleurs, elle interdit aux intermédiaires de recevoir une quelconque rémunération ainsi que de faire de la publicité. Les agences qui se sont spécialisées dans la mise en relation des parents commanditaires et des mères de substitution ne peuvent donc pas avoir de but lucratif. » La France devrait rejoindre ces pays.
En outre, dans un arrêt du 5 juillet 2017, la Cour de cassation a jugé qu’« […] en considération de l’intérêt supérieur des enfants déjà nés, le recours à la gestation pour autrui ne fait plus obstacle à la transcription d’un acte de naissance étranger, lorsque les conditions de l’article 47 du Code civil sont remplies [c’est-à-dire s’il s’agit d’un acte qui fait et pour lequel aucune donnée ne conduit à le considérer comme irrégulier], ni à l’établissement de la filiation paternelle ». Contrairement à sa jurisprudence antérieure, la Cour reconnaît que les conventions de gestation pour autrui légalement conclue s ne sont pas nulles.
Compte tenu de ces différents éléments, la Libre Pensée propose de rendre légale la gestation pour autrui dès lors qu’elle ne résulte pas d’une convention, à titre onéreux ou gratuit, mais du rapprochement par un tiers désintéressé de femmes prêtes à porter un enfant pour le compte d’autrui et des couples homosexuels masculins, des femmes dépourvues d’utérus, voire des couples hétérosexuels pour lesquels aucune autre solution ne serait disponible. Le tiers de confiance pourrait être l’Agence de la biomédecine (ABM). L’article 16-7 du code civil pourrait être ainsi rédigé : « Toute convention portant sur la procréation ou la gestation pour le compte d'autrui est nulle. Seule l’Agence de la biomédecine est habilitée, au moyen d’un registre national, à mettre en relation des femmes acceptant de porter à titre gratuit un enfant pour un tiers et des couples homosexuels masculins durables, des femmes dépourvues d’utérus ou des couples hétérosexuels durables pour lesquels aucune autre solution de procréation n’est disponible. Un décret en Conseil d’Etat détermine les modalités d’application du présent article. »
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Aux termes de l’article L. 2151-5 du Code de la santé publique « I.- Aucune recherche sur l'embryon humain ni sur les cellules souches embryonnaires ne peut être entreprise sans autorisation. Un protocole de recherche conduit sur un embryon humain ou sur des cellules souches embryonnaires issues d'un embryon humain ne peut être autorisé que si : / 1° La pertinence scientifique de la recherche est établie ; / 2° La recherche, fondamentale ou appliquée, s'inscrit dans une finalité médicale ; / 3° En l'état des connaissances scientifiques, cette recherche ne peut être menée sans recourir à ces embryons ou ces cellules souches embryonnaires ; / 4° Le projet et les conditions de mise en œuvre du protocole respectent les principes éthiques relatifs à la recherche sur l'embryon et les cellules souches embryonnaires. / II.- Une recherche ne peut être menée qu'à partir d'embryons conçus in vitro dans le cadre d'une assistance médicale à la procréation et qui ne font plus l'objet d'un projet parental. La recherche ne peut être effectuée qu'avec le consentement écrit préalable du couple dont les embryons sont issus, ou du membre survivant de ce couple, par ailleurs dûment informés des possibilités d'accueil des embryons par un autre couple ou d'arrêt de leur conservation […] / III.- Les protocoles de recherche sont autorisés par l'Agence de la biomédecine après vérification que les conditions posées au I du présent article sont satisfaites. La décision de l'agence, assortie de l'avis du conseil d'orientation, est communiquée aux ministres chargés de la santé et de la recherche qui peuvent, dans un délai d'un mois et conjointement, demander un nouvel examen du dossier ayant servi de fondement à la décision […] »
Si la loi de 2013 ayant substitué un régime d’autorisation à un régime de dérogation au principe d’interdiction qui prévalait auparavant a constitué un changement de paradigme philosophique, pour autant, dans la pratique, la situation des chercheurs n’a pas sensiblement évolué. Des équipes dirigées par d’éminents spécialistes s’en plaignent et le dispositif actuel, comme l’espérait le gouvernement d’alors, n’a pas sérieusement découragé la Fondation Jérôme Lejeune d’introduire, en vain d’ailleurs, de multiples recours dirigés contre les décisions de l’administration.
Or, les enjeux scientifiques sont considérables : amélioration des techniques de procréation médicalement assistée ; progrès de la connaissance du développement cellulaire ; amélioration de la prise en charge et du traitement de pathologies comme le cancer ou la maladie d’Alzheimer, voire des substituts à la greffe d’organe. Les trop fortes contraintes pesant actuellement sur les équipes de recherche constituent un obstacle pour la France dans la compétition internationale en matière de recherche sur l’embryon.
Dans ces conditions, la Libre Pensée propose de mettre en place un simple système d’agrément préalable des équipes de recherche par le Conseil d’orientation de l’ABM et de déclaration des protocoles de recherche établis par elles à l’agence. Le matériel biologique demeurerait en priorité les embryons et les cellules souches embryonnaires issus d’un projet parental abandonné et le consentement des couples resterait obligatoire.
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Aux termes de l’article L. 1110-6-2 du code de la santé publique, dans sa rédaction issue de l’article 3 de la loi du 2 février 2016, « A la demande du patient d'éviter toute souffrance et de ne pas subir d'obstination déraisonnable, une sédation profonde et continue provoquant une altération de la conscience maintenue jusqu'au décès, associée à une analgésie et à l'arrêt de l'ensemble des traitements de maintien en vie, est mise en œuvre dans les cas suivants : / 1° Lorsque le patient atteint d'une affection grave et incurable et dont le pronostic vital est engagé à court terme présente une souffrance réfractaire aux traitements ; / 2° Lorsque la décision du patient atteint d'une affection grave et incurable d'arrêter un traitement engage son pronostic vital à court terme et est susceptible d'entraîner une souffrance insupportable. / Lorsque le patient ne peut pas exprimer sa volonté et, au titre du refus de l'obstination déraisonnable mentionnée à l'article L. 1110-5-1, dans le cas où le médecin arrête un traitement de maintien en vie, celui-ci applique une sédation profonde et continue provoquant une altération de la conscience maintenue jusqu'au décès, associée à une analgésie. […] »
Au regard de la liberté de conscience reconnue à tout individu par la loi de séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905 et compte tenu également de la dépénalisation du suicide depuis la Révolution française, la sédation profonde et continue ne répond pas à tous les cas de détresse des patients face à la maladie. Elle obéit seulement au principe du double effet selon lequel une mesure prise à des fins compassionnelles peut entraîner, sans qu’on l’ait voulu, la mort. De surcroît, elle ne résout pas le désarroi des personnels soignants face à la souffrance et à la mort ni le problème de l’existence d’euthanasies clandestines dans les hôpitaux en dehors de tout encadrement légal. On en compterait de trois à quatre mille.
C’est pourquoi, à l’instar de ce qui se pratique dans des pays voisins, notamment la Belgique et la Suisse, la FNLP est favorable à la création d’un droit à une aide à mourir en faveur des malades atteints de maladies incurables et subissant des souffrances insupportables. Deux solutions pourraient être offertes aux intéressés : la satisfaction par une équipe médicale d’une demande réitérée de mourir en cas de maladie incurable présentée par toute personne majeure ou, à défaut, en cas notamment d’altération de la conscience, d’une demande présentée par un tiers de confiance ; le bénéfice d’un produit létal fourni dans le cadre d’un suicide assisté.   

14.11.17

Fusillés pour l'exemple : cérémonie au monument aux morts de Rodez

La Libre pensée de l'Aveyron, la Ligue des Droits de l'Homme de l'Aveyron et l'Association nationale des anciens combattants de la Résistance (ANACR) ont déposé une gerbe devant le monument aux morts de Rodez à la mémoire des soldats de 14-18 fusillés pour l'exemple ce 11 novembre 2017. 

La Libre pensée réclame toujours la réhabilitation collective de tous les fusillés. Le président Emmanuel Macron doit faire ce geste de réconciliation : cent ans après il est temps.





12.10.17

Chartes de la laïcité ou laïcités à la carte ?



Nous vivons une époque curieuse à bien des égards. Nous vivons dans un pays qui a des règles constitutionnelles précises  : la République est une, indivisible, laïque et sociale. Les lois sont nationales, s'appliquent selon les mêmes règles sur l'ensemble du territoire et assurent ainsi l’égalité pour tous entre tous.

Pourtant, on assiste à une volonté partagée par la droite et la gauche de casser et d‘émietter le caractère national des droits et de la République. C’est ainsi que ce sont sur des lois de «  gauche  » dites de décentralisation votée en 1982 sur lesquelles s’appuient Philippe de Villiers pour mettre en place, dès 1990, une crèche catholique au siège du Conseil général. Et son successeur Bruno Retailleau continue de même au Conseil départemental. Comme disait Horace, il y a bien longtemps : «  Le procès est encore devant le juge  ». Et nous verrons bien ce qu’il adviendra des démêlés juridiques de ces gens-là.

La loi du 9 décembre 1905 dite de Séparation des Eglises et de l’Etat assure la liberté de conscience. Elle distingue deux sphères : la publique avec des contraintes de neutralité et une privée où l’exercice de sa conscience est garanti. Elle distingue aussi les obligations des fonctionnaires et des agents des services publics d'une part et les droits des usagers d'autre part Les uns sont tenus au strict respect de la neutralité, car ils sont les vecteurs de l’intérêt général, les usagers ne le sont nullement.

La laïcité est un principe institutionnel, il n’y a nul besoin de la décliner sur tous les tons et surtout uniquement contre les présupposés «  islamistes  ». Pourtant, c’est à qui brandira SA charte de la laïcité. Et au passage, la plupart de ces diverses chartes, se chargent d‘un contenu totalement antilaïque et illégal.

C’est ainsi qu’en 2016, le Tribunal administratif a suspendu la Charte de la laïcité de la municipalité d’Aix en Provence : «  En subordonnant la recevabilité des demandes de subventions des associations à l’adhésion à la charte  » la municipalité «  a violé le principe constitutionnel de liberté d’association  », avait plaidé la  Ligue des Droits de l’Homme.  Car la charte impose ainsi aux associations «  une obligation de neutralité  » qui «  ne pèse que sur les services publics  », avait-t-elle ajouté.

Madame Valérie Pécresse n’était sans doute pas au courant, quand, à peine élue Présidente, elle édicte à son tour une Charte de la laïcité en Ile-de-France qui indique :  « Comme les autres régions françaises, la Région Ile-de-France est touchée et entend prendre toute sa place dans l’affirmation, la diffusion et le respect des valeurs de la République et du principe de laïcité. C’est la raison pour laquelle, dès le 8 juillet 2016, l’exécutif régional s’est engagé à travers son  plan régional de lutte pour la défense de la laïcité, des valeurs de la République et l’engagement dans la prévention de la radicalisation . Il veut être le garant d’une Région exemplaire, réconciliée autour des valeurs du vivre ensemble, de la mixité et de l’égalité.

La Charte régionale des valeurs de la République et de la laïcité doit s’appliquer aux agents régionaux ainsi qu’à tous les partenaires régionaux et aux usagers des équipements et services publics régionaux (par exemple dans les Iles de loisirs ou lors de rencontres organisées par la Région).  »

Ceci est totalement illégal, car encore une fois, la laïcité ne s'impose pas aux usagers, et il arrivera la même chose qu’à Aix-en-Provence.

On voit aussi la même dérive dans différents ministères qui entendent imposer aux usagers, partenaires, etc… des règles de neutralité qui n’ont pas lieu d’être. Le pompon en la matière étant d’exiger la laïcité à des associations religieuses si elles veulent avoir des subventions. On ne peut que souhaiter bon courage aux ministres qui s‘aventurent dans cette voie sans lendemain.

Derrière tout cela, outre la chasse ouverte «  aux musulmans  », il y a clairement une volonté de faire imploser la laïcité institutionnelle en autant de laïcités à la carte : «  laïcités locales  » ou  «  domaines ministériels différents  ». Dérives que l'on voit aussi  se mettre en place au travers des crèches de Noël dans les bâtiments de la République.

C’est au nom de la défense de l'indivisibilité de la République et de la laïcité qui en est une composante, que combat la Fédération nationale de la Libre pensée.

La laïcité est une ou elle n’est pas !

10.10.17

Crèches de Noël dans les bâtiments de la République : la messe n’est pas encore dite en Vendée, elle est bientôt finie à Lyon



Laurent Wauquiez a été  sanctionné à Lyon, Bruno Retailleau ne l’est pas encore à Nantes au prix d’une méconnaissance de la jurisprudence du Conseil d’Etat.

Le 9 novembre 2016, le Conseil d’État rendait deux arrêts par lesquels il a jugé que la présence d’une crèche chrétienne de Noël dans un bâtiment public est illégale au regard du principe de laïcité résultant des articles 1er de la Constitution du 4 octobre 1958 et 1er et 2 de la loi du 9 décembre 1905 concernant la Séparation des Églises et de l’État, dont l’article 28 interdit d’ailleurs expressément aux autorités publiques « à l’avenir, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l’exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires ainsi que des musées ou expositions. »

Toutefois, le Conseil d’Etat a estimé que les crèches peuvent « revêtir une pluralité de significations ». Il a considéré que certaines d’entre elles peuvent notamment présenter « un caractère culturel, artistique ou festif, sans exprimer la reconnaissance d’un culte ou marquer une préférence religieuse », en sorte que leur exposition ne porte alors pas atteinte au principe de laïcité garantie par la Séparation des Églises et de l’État. A cette fin, les représentants des collectivités publiques doivent « tenir compte non seulement du contexte, qui doit être dépourvu de tout élément de prosélytisme, des conditions particulières de cette installation, de l'existence ou de l'absence d'usages locaux, mais aussi du lieu de cette installation. » Ces quatre critères sont cumulatifs.

Victoire à Lyon

Le 7 octobre 2017, saisi d’un recours pour excès de pouvoir introduit par la Fédération de Libre Pensée et d’action sociale du Rhône et dirigé contre la décision du Président de la région Auvergne-Rhône-Alpes d’installer une crèche chrétienne dans le hall de cette collectivité, le Tribunal administratif de Lyon a fait une exacte application de la jurisprudence du Conseil d’État. Après avoir écarté les nombreuses fins de non-recevoir soulevées par le Président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, il a jugé qu’il ne ressortait pas des pièces du dossier que  « l’installation de cette crèche dans l’enceinte de ce bâtiment public, siège d’une collectivité publique, [résultait] d’un usage local. En effet, aucune crèche de Noël n’a jamais été installée dans les locaux du siège lyonnais de la région Auvergne-Rhône-Alpes. »

Il a également considéré qu’aucun « autre élément [ne marquait] son inscription dans un environnement culturel, artistique ou festif » même si « la crèche a été réalisée par des artisans de la région et que [son] installation [permettait] l’exposition de leur savoir-faire. » Le Tribunal administratif de Lyon en conclut que « le Président de la région Auvergne-Rhône-Alpes en procédant à cette installation a méconnu l’article 28 de la loi du 9 décembre 1905 et les exigences attachées au principe de neutralité des personnes publiques. » 

Dissonance et incohérence à Nantes

Le 6 octobre 2017, la Cour administrative d’appel de Nantes (CAA) , saisie sur renvoi du Conseil d’État du litige opposant la Fédération départementale de Vendée de la Libre Pensée et le Département de la Vendée à propos de l’installation d’une crèche chrétienne dans le hall du siège de cette collectivité, n’a pas suivi aussi fidèlement que le Tribunal administratif de Lyon, la jurisprudence de la juridiction administrative suprême, qu’elle a feint néanmoins de respecter sans pour autant se déjuger.

Pourtant l’arrêt n° 395223 du Conseil d’Etat avait cassé la précédente décision de la CAA de Nantes, précisant qu’en statuant comme elle l’avait fait pour invalider la décision de 2014 du TA de Nantes, la CAA avait « entaché son arrêt d’une erreur de droit ». Rappelons que le TA de Nantes avait annulé la décision du « Président du Conseil général de la Vendée » … de ne pas « interdire l’installation d’une crèche de la nativité dans le hall de l’hôtel du département ». Une décision que nous avions considérée et que nous considérons toujours comme conforme à la lettre et à l’esprit de la loi de 1905 et de son article 28.

La CAA a-t-elle corrigé son « erreur de droit » ? Il n’en est rien, et c’est au contraire en commettant à nouveau, selon nous, une « erreur de droit » que la CAA de Nantes a maintenu sa position tendant à la dissolution des limites fixées par l’article 28 de la loi de 1905 et par la jurisprudence du Conseil d’Etat.

Sur conclusions conformes du rapporteur public, la Cour a confirmé sa première décision sans respecter totalement le raisonnement du Conseil d’Etat. Elle n’a pas clairement établi qu’étaient réunis les quatre critères permettant de déroger au principe d’interdiction de l’installation d’une crèche chrétienne dans un bâtiment public. En premier lieu, elle s’est bornée à dire que le Département expose une crèche dans le hall des locaux du département « depuis décembre 1990 […] durant la période de Noël », ce qui ne suffit pas à établir des usages locaux ni, a fortiori, une tradition dont le dictionnaire d’Émile Littré précise que celle-ci résulte « d’une transmission de génération en génération par la parole ou par l’exemple », soit sur une période bien supérieure à celle ici évoquée.

En deuxième lieu, la Cour administrative d’appel de Nantes a considéré que « cette crèche de 3 mètres sur 2 mètres [étant] située dans un hall d’une superficie de 1 000 m² ouvert à tous les publics et accueillant, notamment, les manifestations et célébrations laïques liées à la fête de Noël, en particulier l’Arbre de Noël des enfants des personnels départementaux et celui des enfants de la DDASS » ne méconnaissait pas l’obligation de neutralité pesant sur des personnes morales de droit public. Or, la taille de l’objet, offert au regard de « tous les publics », ne semble pas un critère de nature à atténuer ou effacer son caractère religieux.

En troisième lieu, avec une mauvaise foi évidente et sans crainte de se contredire, la Cour a indiqué que les dates de début et de fin d’installation de la crèche ne comportaient aucun message religieux, même si elle a évoqué, comme il vient d’être dit, « la période de Noël ». Enfin, elle a tenté sans y parvenir sérieusement à soutenir que cette crèche n’avait pas de caractère religieux en ayant recours à une rédaction pour le moins obscure : « son installation est dépourvue de tout formalisme susceptible de manifester un quelconque prosélytisme religieux. » La présence dans une crèche de Marie, Joseph et Jésus, entourés du bœuf et de l’âne, reste un signe religieux évident, sauf pour la CCA de  Nantes.

Pour toutes ces raisons, la Libre Pensée s’emploiera par tous les moyens à faire respecter la lettre et l’esprit des arrêts du Conseil d’État du 9 novembre 2016 qui ont été jusqu’à présent suivis partout, sauf à Nantes.

En conséquence, la Fédération de la Libre Pensée de Vendée, pleinement soutenue par la Fédération nationale de la Libre Pensée, saisira à nouveau le Conseil d’Etat qui cassera à coup sûr la décision de Nantes. Contrairement aux propos de certains journalistes qui semblent ne rien connaître au Droit, la partie n’est pas finie. Et Philippe de Villiers et Bruno Retailleau ne pourront pas dire de sitôt : Ite missa est.

Par ailleurs, la fameuse « tradition de la crèche » en Vendée n’existe que depuis les lois de décentralisation de 1982. Là aussi, la droite-extrême peut remercier la « gauche ». Quant à Laurent Wauquiez, avec sa « kolosale » finesse habituelle, il a indiqué : « Ce jugement est coupé de la réalité de notre pays : ce ne sont pas les crèches de Noël qui portent atteinte aujourd'hui à la laïcité en France ». En clair, c’est un « laïc » (religieux sans soutane) qui ne voit des atteintes à la laïcité que quand il s’agit des musulmans. Dans cette croisade qui n’ose pas dire son nom, il est largement accompagné par Manuel Valls et ses amis.

La laïcité ne se divise pas,
elle doit être respectée et appliquée partout !

7.9.17

L'Association internationale de la Libre Pensée dénonce l'assassinat de la journaliste Gauri Lankesh



Gauri Lankesh, une célèbre journaliste indienne a été assassinée  par balles ce mardi 6 septembre 2017, par  un commando  qui s'est présenté à son domicile de Bangalore, capitale du  Karnataka .

Mrs Gauri Lankesh, âgée de 55 ans, était une figure de la lutte  du rationalisme contre le système des castes  et  l'extrémisme hindouiste  qui le nourrit.

Le Club de la Presse de l'Inde indique clairement que "cette journaliste intrépide et indépendante à été tuée pour la faire taire"

D'après le quotidien britannique le Guardian, elle avait  récemment déclaré  que la haine féroce directement dirigée contre elle,  lui faisait craindre pour la liberté d'expression en Inde.

Elle ajoutait, d'après le même journal, qu'elle entendait continuer le combat  d'Ambedkar en matière de réformes  sociales. B.R. Ambedkar, premier Ministre de la Justice de l'Inde indépendante fut un des principaux rédacteurs  de l'actuelle  Constitution indienne, il combattit  l'extrémisme hindouiste  et musulman, mais est surtout connu pour sa lutte contre les discriminations à l'égard des Dalits (intouchables).

Avant même cet assassinat, le Comité  pour la défense des Journalistes chiffrait à 27 le nombre  d'assassinats impunis de journalistes indiens depuis 1992.

Le parti  du Premier Ministre Modi (BJP), mis en cause au Parlement, a réagi en disant  qu'il  condamnait cet attentat, qu'il diligentait les recherches, mais a  aussi assuré  qu'il appartenait à l’État du Karnataka (dont la capitale est Bangalore)  d'assurer la loi et l'ordre.

C'est le deuxième assassinat de journaliste  rationaliste  en deux ans au Karnataka et les assassins du  précédent M. Kalburgi, n'ont jamais été retrouvés.

L'Association Internationale de la Libre Pensée salue la mémoire  de cette femme courageuse et exige  du gouvernement  indien que les coupables soient  retrouvés et  jugés.

Elle  assure  les humanistes, rationalistes et libres penseurs  de l'Inde de sa pleine solidarité.

3.4.17

Abrogation ou aménagement du Statut clérical d’exception d’Alsace-Moselle ?

Les fédérations de la Libre Pensée du Grand Est se sont réunies ce week-end, elles ont discuté à propos de la volonté des responsables politiques d’étendre le Concordat. Elles ont établies une déclaration commune qu’il nous semble important de porter à votre connaissance. La Libre Pensée livre à l’opinion de tous les laïques ces questions et ces faits. Elle continuera à agir pour l’abrogation pure et simple du Statut clérical d’exception.

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La question de la survivance du concordat bonapartiste de 1801 et des Articles organiques qui l’ont étendu aux religions réformées et judaïque, puis de son extension à l’ensemble du territoire de la République  a toujours taraudé les cléricaux de gauche comme de droite. Il faut dire que son maintien dans la forme actuelle pose un certain nombre de problèmes du fait que l’Islam et le Bouddhisme, qui se réclament de millions de fidèles, en sont totalement exclus. Pour ceux qui ne conçoivent les religions que tricolores et contrôlées par le gouvernement, cela fait désordre.

L’idée qu’une véritable Séparation des Eglises et de l’Etat puisse exister, sans que le Ministre de l’Intérieurcontrôle étroitement les religions pour en faire des instruments à la dévotion du Pouvoir, n’est pas accessible à leurs esprits étroits de nostalgique du Bonapartisme.

C’est pourquoi réapparait périodiquement le projet de modifier le Statut clérical d’exception d’Alsace-Moselle(formé du Concordat, de l’intégralité de la loi Falloux et des lois allemandes du temps des annexions, de la convention de 1902 instaurant l’institut de théologie et dont nous demandons l’abrogation) pour, d’abord l’étendre à l’Islam et au Bouddhisme, et ensuite le proposer dans toute la France comme un modèle à appliquer.

La tolérance, « qui est le fait du Prince » comme le rappelait Mirabeau au moment du débat sur la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789, refait aussi périodiquement son apparition. Ainsi est demandé que le cours de religion qui est obligatoire dans les 3 départements soit désormais facultatif, alors que la Libre Pensée estime qu’il doit disparaitre totalement, car la religion n’a rien à faire au sein de l’Ecole publique.

Autre détail qui choque :
Celui du maintien des Articles 166 et 167 du Code pénal qui réprime le délit de blasphème et le trouble de cérémonies religieuses. Ces deux articles ont été rarement utilisés et appliqués dans la dernière période (mais cela l’a quand même été contre des militants d’Act-Up et aussi contre des pièces de théâtre jugées blasphématoires). Pour les partisans de l’extension du Statut clérical, il valait mieux les supprimer pour ne pas compromettre l’opération en cours. C’est ainsi qu’on a vu les différentes Eglises reconnues en Alsace-Moselle se prononcer pour cette abrogation partielle.

Le dispositif de l’extension s’est donc mis en place progressivement. La Loi n° 2017-86 du 27 janvier 2017 relative à l'égalité et à la citoyenneté dans son article 172 a décrété :

Le Code pénal local applicable dans les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle est ainsi modifié :

1° L’article 166 est abrogé ;

2° L’article 167 est ainsi rédigé : 

« Art. 167. - Les articles 31 et 32 de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État sont applicables. » 

Dès lors, une question centrale se pose

Si deux articles de la loi du 9 décembre 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat peuvent s’appliquer en Alsace-Moselle, pourquoi pas tous les articles, toute la loi, dont les articles 1 et 2 qui stipulent : 

« Article premier
La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public.

Article 2
La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l'Etat, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l'exercice des cultes.»

 Cela veut dire que la laïcité n’est pas incompatible par nature et interdite de séjour dans les trois départements d’Alsace-Moselle.

Cela veut dire aussi, que contrairement à toutes les billevesées des partisans du Statut clérical d’exception, de gauche comme de droite, on peut appliquer la laïcité sans remettre en cause les dispositions sociales avancées comme le Droit local sur la Sécurité sociale, par exemple.

La Libre Pensée n’entend pas polémiquer avec ceux qui soutiennent l’abrogation des articles 166 et 167 du Code pénal local, mais là aussi, c’est la suite des évènements qui dira si cette abrogation est une brèche ou un colmatage.


Qu’est-ce que le Statut clérical d’exception ?

Le statut des cultes d’Alsace-Moselle est issu du Concordat de 1801 et d’un ensemble de lois et de décrets qui instaurent des privilèges à des cultes reconnus par l’Etat et donc considérés comme des services publics. Ce sont les cultes catholique, protestant (Confession d’Augsbourg et Culte Réformé) et juif.


Ces cultes sont structurés autour d’établissements publics tels qu’ils existaient avant la loi de 1905 et qui gèrent le patrimoine cultuel, que celui-ci appartienne à la commune ou à l’Eglise. Ces établissements publics sont une charge obligatoire pour les communes ; d’ailleurs le maire est membre de droit de cette structure, à côté du prêtre, du rabbin ou du pasteur.

En vertu du statut des cultes d’Alsace- Moselle, 1 400 ministres de ces cultes sont rétribués par l’Etat, ce qui cote chaque année environ 60 millions d’euros, en incluant les pensions. L’évêque est nommé par le Président de la République et le Vatican. Il est payé 4 500 euros et dispose d’une voiture de fonction avec chauffeur payé par l’Etat.

S’agissant de l’enseignement public, le Rectorat est obligé d’organiser l’enseignement de la religion dans toutes les écoles, quel que soit le nombre d’élèves dans la classe de religion. Cet enseignement est soumis à dispense.


Les Fédérations de la Libre Pensée du Grand-Est
constatent  que :

-          M. Philippe Richert, Président de la Région Grand-Est vient de décider d’étendre le comité interreligieux existant en Alsace depuis 2004 à toute la Région Grand-Est. Cette opération vient après celle du « Printemps des religions » soutenue par le Préfet Nacer Meddah en 2015 que les Fédérations de la Libre Pensée avaient dénoncée et aujourd’hui elles réclament l’abrogation immédiate du comité interreligieux.

-          Début mars 2017, se sont tenues à Strasbourg des Assises interreligieuses organisées par Catherine Zuber (Conseillère régionale) et Philippe Richert auxquelles 200 cléricaux de toutes obédiences ont participé. Voici ce qui a été réclamé : « Eric Vinson (présenté comme religiologue, et oui, cela existe !) appelle à l’éducation au fait religieux et à l’apprentissage du dialogue dès l’école élémentaire avec la nécessité de former des enseignants à l’université. « La France a pris beaucoup de retard crispée dans une laïcité sectaire qui ne répond pas à l’esprit des initiateurs de 1905. Il faut créer des chaînes de pédagogie des religions pour apprendre à découvrir les religions et la laïcité. »

Il a souligné pour terminer l’exemplarité de la situation alsacienne qui œuvre au dialogue entre les religions,« elle ouvre la voie à ce qui devrait être la vocation de la France de réunir religions et démocratie par la diversité des présences religieuses en son sein ». (Source : RCF du 9/3/2017)

-          François Hollande, Président de la République, en vertu du Concordat de 1801, vient de nommer Archevêque à Strasbourg, l’ancien aumônier aux armées, personnage ultraréactionnaire, mais qui est toujours payé par les fonds publics. La République est toujours bonne fille avec ses ennemis.

-          Même s’il n’y a pas d’entorse en soit à la laïcité qui assure la liberté de conscience, l’élection d’un prêtre et théologien de la « faculté théologique catholique » comme Président de l’Université de Strasbourg ne relève-t-elle pas de cette opération de consolidation et d‘extension du Concordat ? L’université de Strasbourg est liée avec des universités en terre non-concordataire.

-          En février 2017, l’université de Lorraine sera l’une des douze universités en France à proposer un drôle de « diplôme » : le diplôme universitaire « Religion, laïcité et inclusion sociale ». L’objectif : « Fournir des outils en vue de faciliter la gestion des personnels et des institutions culturelles et de préparer les aumôniers à l’exercice de leurs fonctions ». On ne voit pas bien le rapport entre la laïcité et l’aide à la fonction d’aumônier. Normal : l’objectif de ces formations n’est pas d’enseigner le Droit. 

Voici ce qu’en a dit Jean-Sébastien PierrePrésident de la Libre Pensée devant l’Observatoire de la laïcité : « Nous nous inquiétons de l’établissement, manifestement concerté, dans une dizaine d’universités, de Diplômes universitaires dits de « connaissance des religions » qui sont, dans leur déclaration, faits pour former les aumôniers et les imams. Ce n’est pas toujours dit comme cela, mais c’est quand même l’esprit. L’esprit n’est pas d’enseigner le droit laïque tout simplement de façon à ce que tout étudiant qui en fait la demande, quel que soit son origine et son métier, puisse en faire la démarche, mais explicitement de dispenser une formation à des professions religieuses. Là, je pense que l’on a quitté l’esprit et la lettre, au moins l’esprit, car évidemment il n’est pas question d’attaquer la liberté de telle ou telle université de faire tel ou tel diplôme, cela fait aussi partie des Franchises dont je parlais tout à l’heure, mais on peut au moins en discuter le principe au minimum sur le plan philosophique. 

J’ai vu par exemple à Rennes, une déclaration dans Ouest-France donnant nommément la composition des étudiants inscrits dans ce diplôme d’université, par religion. C’est la première fois de ma vie que je vois une chose pareille ! Désigner les étudiants à une formation universitaire par leur religion et leur rôle religieux. »  

Alors, oui la question se pose : 
Extension ou abrogation
du Statut clérical d’exception 
d’Alsace-Moselle ?

La Libre Pensée livre à l’opinion de tous les laïques ces questions et ces faits. Pour sa part, la Fédération nationale de la Libre Pensée continuera à agir pour l’abrogation pure et simple du Statut clérical d’exception.

La laïcité ne se divise pas, elle se conquiert et elle se respecte !


Adoptée à l’unanimité à Metz, 1 er avril 2017

26.2.17

Conférence-débat "Prosper Alfaric, un homme de raison, une figure de la Libre pensée"



La Libre pensée de l'Aveyron organise une conférence-débat autour d'une figure du département : Prosper Alfaric, au parcours hors normes.

Né à Livinhac-le-Haut le 21 mai, 1876, il est ordonné prêtre en avril 1899. Il enseigne tout d'abord la philosophie aux Grands Séminaires de Bordeaux et de Bayeux, puis le dogme au Séminaire d’Albi. Il perd progressivement la foi du fait de ses lectures, ce qui lui pose un problème quand on lui propose de retourner à Bordeaux, puis de nouveau à Albi, mais pour enseigner la théologie.

Il décide donc d'orienter son cours uniquement sous l'aspect historique. Il abandonne sa condition de prêtre en 1909 et reprend des études d'histoire, puis se spécialise dans l'histoire des religions et obtient, en 1919, la chaire d'histoire des religions à l'Université de Strasbourg. Durant la guerre, il accompagne l’université de Strasbourg dans son repli à Clermont-Ferrand jusqu’en 1945.

Il a été excommunié par décret du Saint Office en date du 29 juillet 1933. Cette excommunication a été prononcée à la suite de sa participation à l'écriture de l'ouvrage "Le Problème de Jésus et les origines du christianisme" à cause de ses thèses sur l'inexistence de Jésus.

En retraite, il milite à la Ligue de l'Enseignement et à l'Union Rationaliste, qu'il présidera en 1955. Auparavant, il avait fondé avec Georges Ory, le cercle Ernest-Renan en 1949, voué à l'histoire des religions, à la critique biblique et à la recherche des origines du christianisme.

La conférence-débat "Prosper Alfaric, un homme de raison, une figure de la Libre pensée" sera donnée par Philippe Velez, jeudi 2 mars à 18h30 à la Maison des associations,15 avenue Tarayre à Rodez. Entrée gratuite dans la limite des places disponibles.
Renseignements à librepensee12@free.fr ou au 0612523113.

7.12.16

Appel "Pour le respect de la laïcité"



C’est peu de dire que la laïcité va mal : malmenée, manipulée, vilipendée, on n’ose plus s’affirmer laïque par peur des amalgames et des contresens. Principe de paix, elle serait devenue sujet de discorde. Principe d’unité par-delà les différences, on lui assigne des fins identitaires.

L’extrême-droite, de tradition pourtant anti-laïque depuis toujours, veut s’approprier le mot pour mieux distiller son venin xénophobe. Hier les juifs, les arabes, aujourd’hui les musulmans. On ne peut se réclamer de la laïcité, quand on condamne les prières de rue, quand elles se font aux abords des mosquées, mais qu’on les soutient quand il s’agit de l’église Sainte Rita. On n’est pas laïque, quand on se fait le porte-parole des discours les plus réactionnaires du Vatican en appelant à la suppression du Planning familial.


Non, l’Islam ne serait pas par nature plus hermétique aujourd’hui à la laïcité que ne l’était le culte catholique en 1905. La laïcité n’a pas à s’adapter à une religion, de même qu’aucun croyant ne peut réclamer de droits particuliers. La République est séparée des religions, elle n’a pas à organiser les cultes.

Nous, militants laïques, par-delà parfois des divergences d’analyse, en appelons à la constitution d’un front commun autour des fondements de la laïcité républicaine, telle que définie par la loi de 1905. Être laïque, c’est reconnaître que l’État assure en même temps la liberté de conscience - croyant et non croyant - et le libre exercice des cultes. Être laïque, c’est affirmer que l’État ne doit reconnaître, salarier ou subventionner aucun culte. Par conséquent la République ne tranche pas parmi les cultes plus ou moins respectables : elle demeure indifférente dans la seule limite du respect de l’ordre public et des lois communes.

Ses Elus et représentants doivent conserver cette neutralité dans leurs fonctions. La République ne juge personne selon ses croyances ou appartenances présumées. Elle accorde à l’Ecole publique la noble mission d’instruire les enfants : c’est par conséquent à elle que l’État doit accorder les fonds nécessaires aux défis que porte l’Ecole aujourd’hui.

Nous, militants de la cause laïque, appelons à la plus grande vigilance contre toute tentative de détourner la laïcité de ses objectifs. En cette date anniversaire de la loi de 1905, nous en appelons au respect plein et entier  de ses principes fondateurs. La laïcité organise l’espace public et donne sens à la citoyenneté républicaine qui garantit la démocratie. Ce n’est ni une police de la pensée, ni une option philosophique parmi d’autres valeurs particulières.

La loi de 1905 est une loi de liberté qui permet toutes les autres libertés. Elle doit donc être préservée.

Premiers signataires : Guiseppe Aviges (vice-Président de l’Union Nationale Lycéenne – UNL), Quentin Baillon (président de l'association le poing commun),  Jean Baubérot (ancien titulaire de la chaire Histoire et sociologie de la laïcité à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes), Alain Barbier (Secrétaire général de l'UFR de la FERC-CGT), Hervé Basire (Secrétaire général de la FERC- CGT), Thierry Baudet (Président de la MGEN), Christian Beauvais (Délégué Général de la Fédération du Pas de Calais et de l’Union Régionale des Hauts de France de  la Ligue de l’enseignement), Nadia Bellaoui (Secrétaire générale de la Ligue de l’enseignement),  Hassan Benhsain (Président de la Fédération indépendante et démocratique lycéenne – FIDL),  Daniel Bénichou (Président de l’Association Le Chevalier de la Barre), Roland Berthilier (président de l’ESPER, L’Economie Sociale Partenaire de l’Ecole de la République), Roland Biache (Délégué général de Solidarité Laïque), Jean-Marie Bonnemayre (Président du CNAFAL, Edith Boulanger (Commission « Laïcité » du Mouvement de la Paix), Edouard Brézin (Président de l'Union Rationaliste, Ancien Président de l'Académie des Sciences), Marcel Caballero (Président d'honneur de l'Institut de Coopération Sociale Internationale (ICOSI) - vice-Président du Centre international de recherche et d'information sur l'économie publique, sociale et coopérative (CIRIEC), Monique Cabotte-Carillon (Présidente du CEDEC : Chrétiens pour une Eglise Dégagée de l'Ecole Confessionnelle), Jean-Luc Cazaillon (Directeur général des CEMEA),   Philippe Corcuff  (maître de conférences de science politique à l'IEP de Lyon), Daniel Callewaert (Président fondateur du Cercle  Laïque Maria et Gustave Dron – Tourcoing), Jacques Calvier (militant laïque), Jean-Yves Cerfontaine (Président du Cercle Laïque Jean Macé et ancien Secrétaire National de la FEN),  Guy Cirla (Président de la Ligue de l’Enseignement de l’Ariège), Charles Conte (Chargé de mission laïcité à la Ligue de l’enseignement), Guy  Coq  ( administrateur  de   Confrontation et Membre  de  l' OFC),   Dominique Dattola (Auteur réalisateur humaniste, citoyen du monde),  Claude Dejean (Présidente du Cercle Condorcet de l'Ariège, Vice- présidente de la Ligue de l'Enseignement Fédération de l'Ariège),  Abdoulaye Diarra (membre du Bureau national de l’Union Nationale des Etudiants de France – UNEF), Jean-Michel Ducomte (Président de la Ligue de l’Enseignement), Françoise Dumont (Présidente de la Ligue des Droits de l’Homme), Michel Eliard (Docteur ès-lettres, professeur émérite des universités), Christian Eyschen  (vice-Président de la Libre Pensée), Philippe Forget (essayiste), Judith Fouillard (Secrétaire nationale de la FSU), Anne-Marie Franchi (ancienne Vice-présidente de la Ligue de l’Enseignement et  ancienne Secrétaire générale des DDEN), Jean-Claude Frey (Président d'un groupement de mutuelles interprofessionnelles), Mireille Fridman  ( militante laïque de Toulouse), Gabriel Gaudy (Secrétaire général de l’Union régionale Ile-de-France de FO,  libre penseur), Yves-Jean Gallas (Président du Comité francilien du Mouvement de la Paix), Maurice Gelbard  (chercheur), Jacques Gelly (Président de l'Union Régionale des Fédérations des Œuvres Laïques Auvergne Rhône-Alpes de la Ligue de l'enseignement), David Gozlan (Secrétaire général de la Libre Pensée), Anne-Marie Harster (vice-Président de Solidarité laïque),  Pascal Joly (Secrétaire général de l’Union régionale Ile-de-France de la CGT), Dadou Khel ( Président du groupe "diversité/laïcité" de la Ligue de l'enseignement), Annie Lacroix-Riz ( professeur émérite d’histoire contemporaine, université Paris 7), Pascal-Eric Lalmy (Conseiller municipal d'Osny (95), Hélène Langevin-Joliot (Présidente 2004-2012 de l'Union rationaliste), Lilâ Le Bas (Présidente de l’Union Nationale des Etudiants de France – UNEF),  Jo Le Lameur (Président de la Fédération Française de Crémation), Polo Lemonnier (Secrétaire national de la FSU), Jacky Lesueur (syndicaliste), Jean-Claude Mailly (syndicaliste), Michel Miaille ( professeur honoraire à l'Université de Montpellier, Président de la Ligue de l'Enseignement de l'Hérault), Paul Markidès (Vice-Président de l’Association Républicaine des Anciens Combattants), Roger Martelli (codirecteur du magazine Regards), Philippe Martinez (Secrétaire général de la CGT), Jean-Luc Mélenchon (Eurodéputé), Maurice Montet (militant pacifiste), Pascal Nakache (Avocat, membre du Comité Central de la Ligue des Droits de l’Homme), Michel Naud (ingénieur, chef d'entreprise, rationaliste scientifique), Gauthier Ngumbu (Président de la Ligue de l’Enseignement de Haute-Garonne), Françoise Olivier-Utard (militante laïque), Rémy Pech (professeur émérite et Président honoraire de l'Université de Toulouse - Jean Jaurès),  Jean-Claude Pecker (Membre de l’Institut, Professeur au Collège de France),  Catherine Picard (ancienne Députée), Jean Louis Petriat (President d’Honneur du Groupe GMF et de la FNAC), Jean-Sébastien Pierre (Président de la Libre Pensée), Bernard Quelquejeu ( membre de l'Observatoire Chrétien de la Laïcité, co-fondateur du Groupe International, Interculturel, Interconvictionnel (G3i), Jean-Michel Quillardet (l’Observatoire international de la laïcité contre les dérives communautaires), Jean-Robert Ragache (Historien et  Ancien Grand Maître du Grand Orient De France), Hubert Raguin (syndicaliste), Jean-Marc Raynaud (responsable des Editions libertaires), Caroline Rebhi  (co-présidente du Mouvement Français pour le Planning Familial),   Liliane Rehby (Secrétaire Nationale de l'ARAC),  Jean Riedinger (Secrétaire  de l'Observatoire Chrétien de la Laïcité), Johannés Robyn (Président de l’Union des Athées - France), Patrice Rolland, (professeur de droit public), Joël Roman (Président de Islam et laïcité),    Jean-Luc Romero (Président de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité), Pierre Roy (Président de la Fédération nationale laïque des Associations des Amis des Monuments Pacifistes, Républicains et Anticléricaux), Frank Sammeth ( Président de la société d'histoire du radicalisme), Jean-Marc Schiappa (Président de l’Institut de Recherche et d’Etudes de la Libre Pensée), Benoit  Schneckenburger (Philosophe), Véronique Sehier (co-présidente du Mouvement Français pour le Planning Familial), André Sirota (Président de l’Association nationale des CEMEA), Patrick Staat (Secrétaire général de l’ARAC), Benjamin Stora (Historien), Michèle Talfer (Bureau de l’Union rationaliste), Dominique Thys (Président de Solidarité laïque), Bernard Toulemonde ( Inspecteur général honoraire de l'Education nationale), Pierre Tournemire (vice-Président de la Ligue de l’Enseignement), Michel Tubiana (Président d’honneur de la Ligue des Droits de l’Homme), Michel Vovelle (Historien), Raphaël Vahé (Président de l’ARAC), Valentine Zuber (Historienne ou Directrice études à l’Ecole pratique des hautes études)



Pour soutenir cet Appel des Laïques,
nous vous appelons à la contresigner massivement :
http://www.petitionpublique.fr/?pi=P2016N49240

11.11.16

11-Novembre : réhabilitons les fusillés pour l'exemple

Ce 11 novembre 2016, la Ligue des Droits de l'Homme et l'Association des Anciens Combattants de la Résistance (ANACR) et la Libre pensée de l'Aveyron ont déposé une gerbe au monument aux morts de Rodez en hommage aux fusillés pour l'exemple.

Fidèle à sa tradition pacifiste, la Libre pensée mène le combat pour la réhabilitation des fusillés pour l’exemple.
Elle poursuit ainsi la lutte menée par les familles, par les associations d’anciens combattants, par la Ligue des Droits de l’Homme, dès la fin de la guerre de 1914.

Mais aujourd’hui, en 2016, le mot réhabilitation n’a toujours pas été prononcé par les autorités de l’Etat. Cela ne saurait satisfaire tous ceux qui souhaitent qu’on rende leur honneur, bafoué de la façon la plus ignominieuse,  à ces hommes, qui sont tombés sous des balles françaises, et à leurs familles.
Des initiatives comme celle-ci se multiplient dans les départements.

En outre, la Libre pensée a lancé une souscription nationale pour l’érection d’un monument sur la ligne de front en hommage aux fusillés.

Enfin elle a pris l’initiative d’un Appel à la République des descendants des fusillés pour que justice soit rendue aux 639 victimes des pelotons d’exécution.








22.10.16

Crèches chrétiennes dans les bâtiments de la République : Rendre des arrêts ou rendre des services ?

La Fédération nationale de la Libre Pensée, qui est à l’origine de la loi du 9 décembre 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat, entend tout faire pour faire respecter la laïcité de l’Etat. C’est pourquoi, elle est à la source des recours contentieux contre les décisions de collectivités publiques qui imposent la présence de crèches chrétiennes dans les bâtiments de la République. Elle entend aller jusqu’au bout de cette affaire et épuiser toutes les voies de recours possibles.

 

 

Les choses sont pourtant simples 

 

La République est laïque et elle assure la liberté de conscience de tous les citoyens et citoyennes et de chaque citoyenne et citoyen. C’est pourquoi « l’Etat s’arrête où commence la conscience », selon la belle formule de Francis de Pressensé. La République est neutre en matière métaphysique. Pour respecter la liberté de conscience de nos concitoyens, elle ne doit afficher aucune préférence religieuse. 

 

Même un esprit étroit, réactionnaire et xénophobe, de quelqu’un concourant à une primaire présidentielle, devrait pouvoir comprendre cela. Tel ne semble pas être le cas aujourd’hui, car derrière « l’affaire des crèches », il y a bien autre chose. Il y a la volonté de quelques croisés en mal de mise à sac et de prise de Jérusalem, « pour bouter le Sarrazin hors de France », d’instituer une nouvelle guerre de religions dans notre pays.

 

En effet, comment peut réagir un de nos concitoyens d’origine arabo-musulmane, quand il assiste à une campagne hystérique pour traquer « tout signe de culture musulmane » (voile, burqa, burkini, main de Fatma) dans un domaine où il devrait être librement autorisé, puisqu’il ne dépend pas de la sphère publique que régit le principe de laïcité ;  alors que dans les endroits où la laïcité devrait s‘appliquer,  à savoir  les bâtiments de la République, on autoriserait la présence de crèches chrétiennes, dont même un esprit simplet ne peut nier qu’il s’agit d‘un symbole chrétien ?

 

On voudrait inciter à des affrontements communautaristes qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Il est vrai que pour justifier « l’état d’urgence permanent », rien de vaut une atmosphère de guerre civile entre « communautés religieuses ».

 

Que va-t-il se passer maintenant juridiquement ?

 

Devant la cacophonie juridique instituée par des décisions d’instances de justice administrative qui, sur la base de mêmes faits en interprétant les mêmes textes de loi, aboutissent à des décisions contradictoires, on attend du Conseil d ‘Etat qu’il remettre de l’ordre dans le chaos juridique et qu’il fixe une ligne de droit.

 

C’est donc avec un certain étonnement que la Libre Pensée a pris connaissance des conclusions du Rapporteur au Conseil d‘Etat qui préconise de casser les deux arrêts de Cour d’appel administrative et de rejuger les affaires. En matière footballistique, c’est remettre la balle au centre et demander que le match soit rejoué. Il n’y a donc objectivement aucune raison de penser que le trouble juridique cessera, puisqu’on recrée les conditions de son existence.

 

Par ailleurs, conditionner la présence de crèches chrétiennes dans les bâtiments de la République en demandant qu’elles ne soient pas « religieuses », c’est faire un tour de force qu’aucun magicien ne pourrait faire : une crèche chrétienne est un symbole religieux : Marie,  Joseph, Jésus sont des personnages du Nouveau-Testament chrétien. La discussion reste ouverte sur l’âne et le bœuf.

 

La solution de sagesse consisterait à rappeler l’esprit et la lettre de la loi de 1905 et d ‘indiquer, comme l’a fait le vadémécum de l’Association des Maires de France : au nom de la laïcité, les crèches chrétiennes n’ont pas leur place dans les bâtiments de la République, maison commune de TOUS les citoyens, quelque que soient leurs opinions religieuses ou non-religieuses.

 

Il existe, quand même, suffisamment d‘endroits où l’Eglise catholique peut mettre ses crèches, à commencer par ses églises, cela pourrait même y amener le public qui semble lui faire défaut. L’adage populaire ne dit-il pas : chacun chez soi ? Ce que Victor Hugo avait traduit par la formule : l’Etat chez lui, l’Eglise chez elle !

 

La Laïcité ne peut être à géométrie variable selon la religion à laquelle elle s’applique


Paris, le 21 octobre 2016